Ostraca de Hout-Répit/Athribis
(Haute-Égypte)

Écrire sur des tessons – Étude des ostraca du temple d’Athribis/Hout-Répit

, by Agnès Tricoche

Responsables scientifiques : Ivan Guermeur & Sandra Lippert
Responsable informatique et numérique : Agnès Tricoche

Dans le cadre du projet de recherche Écrire sur des tessons – Étude des ostraca du temple d’Athribis/Hout-Répit et Écrire sur des tessons II – Étude continue des ostraca du temple d’Athribis/Hout-Répit (programme IRIS « Scripta-PSL. Histoire et pratiques de l’écrit »), la base de données Ostraca_Athribis entend recenser et étudier les ostraca découverts à Hout-Répit/Athribis, en Haute Égypte, jusqu’ici inédits, issus d’une fouille en cours de l’Université de Tübingen.

Constituée au départ d’un fichier Excel, la base de données a été développée fin 2020. Elle rassemble les informations de près de 9000 ostraca (sur les 12000 déjà découverts), accompagnées de photographies (environ 16000). Hébergée par Huma-Num, elle est consultable en ligne, en accès collaboratif restreint, par l’ensemble de l’équipe internationale de spécialistes constituée autour de ce projet (France, Allemagne, Grande-Bretagne, États-Unis).
L’alimentation de la base de données devrait se poursuivre dans les prochaines années. Elle pourra être rendue publique au terme du programme de recherche.


Athribis : vue du site archéologique
© Projet Athribis, université de Tübingen

Le projet “Écrire sur des tessons” entend étudier la matérialité et les aspects socio-linguistiques de l’emploi de l’ostracon comme support d’écriture à partir d’un ensemble de documents découverts à Hout-Répit/Athribis, en Haute Égypte, jusqu’ici inédits, issus d’une fouille en cours conduite par l’université de Tübingen (Allemagne). Ces tessons, datables entre le Ier s. av. J.-C. et le VIIe s. ap. J.-C., sont majoritairement inscrits en égyptien (hiéroglyphique, hiératique et démotique, ± 80%) et en grec (± 15%), on compte aussi quelques pièces avec du copte, de l’arabe ; d’autres sont figurés.

Il s’agit d’une opportunité, jusqu’ici rarement exploitée, de combiner l’étude philologique d’un tel corpus, qui permet de spécifier les types et fonctions de textes inscrits sur tessons, avec l’analyse céramologique des supports (mesures, analyse des pâtes, type de céramique, parties utilisées, origines en Égypte et au-delà, datation). Cette étude interdisciplinaire apportera des précisions sur les utilisateurs et leurs motivations pour utiliser des tessons, et peut-être plus précisément certaines formes, tailles ou parties de vases, comme supports d’écritures. Étaient-ils réellement un substitut économique au papyrus, souvent considéré comme onéreux ? Les tessons sont-ils réservés à des textes de moindre importance et/ou d’un usage éphémère ? Cela consistera aussi à préciser dans quelle mesure la rédaction sur ostraca influence la forme du texte (mise en page, longueur du texte, taille des signes, etc.) ; les circonstances qui conduisent à privilégier l’usage du hiératique, du démotique ou du grec (et plus tard, du grec ou du copte, voire du copte ou de l’arabe) et si certains types de textes sont uniquement attestés dans une seule langue/écriture. Enfin, il faudra déterminer qui en sont les rédacteurs et les destinataires et le rôle qu’ils pouvaient jouer au sein de l’institution religieuse, sociale et économique qu’était ce temple à l’époque gréco-romaine, puis le couvent qui y était installé dans les phases ultérieures de son occupation.

L’équipe, interdisciplinaire, réunit des philologues spécialistes des différentes langues/écritures concernées (Christian Leitz : hiéroglyphes ; Ivan Guermeur : hiératique ; Marina Escolano Poveda, Sandra Lippert et Brian Muhs : démotique ; Anne Boud’hors : copte ; Naïm Vanthieghem : grec et arabe), ainsi que de jeunes chercheuses travaillant sur les ostraca figurés (Carolina Teotino, Marie Planade) et une céramologue (Delphine Dixneuf).
L’équipe constituée continuera l’étude les ostraca, conservés dans le magasin du Ministère des Antiquités d’Égypte près du site, lors de missions sur place ainsi qu’à partir de la base de données.


Athribis : décharge aux ostraca
© Projet Athribis, université de Tübingen