Labraunda (Bains Est)
C. Bost (AOROC, archéologue responsable de la fouille) et F. Marchand-Beaulieu (AOROC, archéologue, étude du bâti)

, par Agnès

Collaborateurs scientifiques : F. Charlier (Inrap, étude des TCA), M. Hauchart (Eveha, archéologue et étude de la tabletterie), N. Lamare (Université de Picardie, relevés architecturaux), M. Sassi (Archéodunum, archéologue), A. Streinu (Musée de Bucarest, céramologue) et A. Spühler (Université de Lausanne, étude des marbres)


L’architecture du site de Labraunda, reste marquée par la phase de monumentalisation impulsée par les satrapes hécatomnides, au début du 4e s. av. J.-C. Par la suite, transformations et nouvelles constructions viendront enrichir l’ensemble, tout au long de la période hellénistique et jusqu’à l’époque romaine impériale tardive, modifications que l’on retrouve dans l’étude des Bains Est.
Il convient d’appréhender et d’inscrire l’histoire des Bains Est, implantés au sein du quartier d’entrée du complexe, dans cette longue durée. En effet, si le premier état de l’édifice balnéaire date de la seconde moitié du Ier s. ap. J.-C., la fouille a montré qu’une partie des élévations de cette époque repose sur des arases de murs plus anciens, appartenant, pour leur part, à un bâtiment daté du 4e s. av. J.-C. À l’autre bout de la chronologie, après l’abandon des installations balnéaires, certaines pièces sont réoccupées, sans doute dès la fin du 5e s. ap. J.-C. et réunies à un ensemble centré sur un grand espace de plan absidial, identifié comme salle de culte chrétien.

Face à une épaisseur stratigraphique témoignant de plus de mille ans d’occupation, l’enjeu reste d’approcher au plus près la trame de l’évolution du bâti. Pour cela, notre approche méthodologique associe archéologie sédimentaire et archéologie du bâti. 
Ce projet d’étude, débuté en 2014, fait l’objet de comptes rendus réguliers, publiés dans les chroniques de fouille de Labraunda de la revue Anatolia Antiqua.

Les dernières missions financées par le MEAE et les laboratoires HISOMA (Lyon) et AOROC (Paris) ont permis de terminer la fouille de ce complexe balnéaire au cœur du sanctuaire antique.

Les sondages de 2025 ont complété les données de plusieurs campagnes de fouilles et désormais les études du matériel et des structures mèneront à la publication de l’édifice.