Archéologie & Philologie
d’Orient et d’Occident – CNRS PSL

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Hébros

Mission débutée en 2022

Le projet d’exploration géo-bio-archéologique de la vallée de l’Hébros (moderne Maritsa/Meriç), commencé en 2017 à Ainos (moderne Enez, en Turquie : cf. https://www.archeo.ens.fr/Hebros.html) se continue sur la rive grecque du fleuve, à Doriskos, grâce à une collaboration internationale réunissant, pour la France, AOROC et l’École Française d’Athènes (https://www.efa.gr/section-categorie/grece-hebros/), pour la Grèce les éphories des Rhodopes et de l’Hèbre et, pour l’Allemagne, les Universités de Kiel, de Mainz, de Cologne, de Iéna et de Göttingen, sous l’égide de l’Excellence Cluster Roots de Kiel.

Le site archéologique de « Sarayia » (« le palais » supposé de Darius) a été identifié avec Doriskos par Diamantis Triantaphyllos (1975), qui a révélé l’existence possible d’une fortification, d’un segment de la Via Egnatia et de quelques tombes, sans pour autant entamer des fouilles systématiques. À partir des années 1990, Chrysa Karadima a prospecté le site, et en 2007 et 2009, elle a commencé trois sondages qui lui ont permis de confirmer l’identification du site, en prouvant qu’au IVe siècle av. J.-C., Doriskos a frappé des monnaies portant l’inscription ΔΟΡΙ[ΣΚΟΣ], la tête d’Athéna et la chouette. Fortifications, armes et un moule à flèches confirment l’importance stratégique et le caractère militaire du site, du moins à certains moments de son histoire (Karadima 2022).

Depuis 2022, notre équipe internationale réalise des prospections géophysiques et les carottages sédimentaires, avec les objectifs suivants :

  • L’achèvement de l’étude géo-bio-archéologique du bassin de l’Hèbre, pour une reconstitution de l’environnement et du climat de la région pendant l’Holocène.
  • La reconstitution paléoenvironnementale des deux ancrages possibles, au SO et au SE du promontoire de Sarayia/Doriskos. Nous voulons comprendre les raisons du choix du promontoire de Doriskos pour la construction du fort achéménide de Darius, les conditions du développement de la ville grecque et les causes de l’abandon du site, au début de l’époque romaine.
  • La réalisation de sondages archéologiques, pour clarifier la chronologie du site, comprendre sa connectivité (entre la Via Egnatia, le fleuve et la mer qui le reliait à Ainos et à l’île de Samothrace) et observer les traces des différentes puissances qui s’y sont succédées : Thraces, Achéménides, Grecs, Macédoniens, Lagides, Romains.

Références citées :

  • Karadima, Ch. 2022: « Doriskos. “Aἰγιαλός καì πεδίον μέγα” », in Kefalidou, E. (ed.), The Riverlands of Aegean Thrace: Production, Consumption and Exploitation of the Natural and Cultural Landscapes | River Valleys and Regional Economies: Panel 2.4 | Panel 2.7, Heidelberg (Archaeology and Economy in the Ancient World – Proceedings of the 19th International Congress of Classical Archaeology, Cologne/Bonn 2018, Vol. 6): 33-38. 
  • Triandaphyllos, D., 1975 (Τριαντάφυλλος, Δ.): « Δορίσκος », ADelt 26: 439–440. Tsatsopoulou-Kaloudi, P., 2015: Via Egnatia. History and the Route through Thrace, Athens.

Contributeurs :

  • Michel Dabas (Chronocarto)
  • Christophe Batardy (SIG Chronocarto)
  • Jean-Baptiste Houal (fouille, prospection, SIG, photogrammétrie)
  • Luc Lapierre (imagerie satellitaire)

Le bassin de l’Hèbre ; le bas cours et le delta, avec Ainos (Enez, en Turquie) et Doriskos (en Grèce ; @Anca Dan, Martin Seeliger sur fond Google)
Vue du territoire d’Ainos, à partir de Hisarlı Dağ vers l’Égée et le delta de l’Hèbre (photo @Anca Dan).
Vue de la baie de Doriskos/Traianoupolis, depuis la chapelle Saint George, vers l’Égée et le delta de l’Hèbre (photo @Anca Dan).
Vues du site de Doriskos vers le NE et vers le NO (@Anca Dan).

PAYS : Grèce
RESPONSABLE(S) : Anca Dan (AOROC) ; Chrysa Karadima (éphore, Komotini) ; Domna Terzopoulou (éphore, Alexandroupoli) ; Wolfgang Rabbel (Université de Kiel, Excellence Cluster Roots)