AOROC souhaite ici saluer la mémoire de membres disparus, qui ont marqué l’histoire du laboratoire et des études.
- Jean-Louis BRUNAUX (1953-2026)
- Jean-Paul GUILLAUMET (1947-2025)
- Catherine BALMELLE (1946-2022)
- Paul BERNARD (1929-2015)
- Christian PEYRE (1934-2018)
- Véronique SCHILTZ (1942-2019)
Jean-Louis Brunaux (28/10/1953 – 18/08/2026)

Jean –Louis Brunaux entre au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en 1984, où il est rattaché à l’équipe CNRS de protohistoire du laboratoire d’archéologie de l’École normale supérieure (ENS), actuelle AOROC. . Il a participé à la mise en place des fouilles de Bibracte en 1984. Il a dirigé de nombreuses fouilles sur les sites gaulois de Picardie, à Gournay-sur-Aronde, Saint-Maur, La Chaussée-Tirancourt, Ribemont sur Ancre et Montmartin. Il a été directeur du Centre archéologique départemental de la Somme et a travaillé sur le sanctuaire de Ribemont-sur-Ancre.
Ses travaux sur les sanctuaires gaulois de Picardie ont profondément renouvelé notre vision des rites gaulois. La qualité des fouilles et l’état exceptionnel de conservation des vestiges de Gournay sur Aronde et de Ribemont sur Ancre, devenus les sites de référence, ont fait évoluer tant les stratégies de fouilles que l’interprétation des textes antiques dépassant le cadre strictement gaulois. Jean –Louis Bruneaux a centré sa recherche sur la religion et la société des Gaulois et des Celtes en général d’un point de vue historique, archéologique et philologique. Il a publié de nombreux ouvrages de synthèse à destination d’un large public relayés par un nombre important d’interview sur tous les média (Radio, télé, journaux, you tube…). Plusieurs de ses livres ont été distingués par des prix.
Prix
- 2019 : Prix Historia de la biographie historique pour Vercingétorix
- 2013 : Prix du Sénat du livre d’Histoire pour Alésia
- 2013 : Prix François Millepierres de l’Académie Française pour Alésia
Bibliographie
Ouvrages :
- Les Gaulois : Sanctuaires et rites, Errance, coll. « Hespérides », 1986 (ISBN 978-2-903442-27-9).
- Avec André Rapin, Gournay II : Boucliers et lances (Ruprin)/Dépôts et trophées (Brunaux), Errance, coll. « Revue archéologique de Picardie », 1988 (ISBN 978-2-903442-75-0).
- Avec Bernard Lambot, Guerre et armement chez les Gaulois : 450 – 52 av. J.-C., Errance, coll. « Hespérides », 1987 (ISBN 978-2-903442-62-0).
- (en) The Celtic Gauls : Gods, Rites and Sanctuaries, Seaby, 1988, 154 p. (ISBN 978-1-85264-009-5).
- Les religions gauloises : rituels celtiques de la Gaule indépendante, Paris, Errance, 1996, 216 p. (ISBN 2-87772-128-0, présentation en ligne [archive]).
- Nouvelle édition revue, augmentée et illustrée : Les religions gauloises (Ve-Ier siècles av. J.-C.) : nouvelles approches sur les rituels celtiques de la Gaule indépendante (trad. du grec ancien), Paris, Errance, 2000, 271 p. (ISBN 2-87772-192-2, présentation en ligne [archive]).
- Nouvelle édition augmentée : Les religions gauloises (Ve-Ier siècles av. J.-C.), Paris, Errance, coll. « Biblis » (no 151), 2016, 469 p. (ISBN 978-2-271-09328-8).
- Avec Patrice Méniel, La résidence aristocratique de Montmartin (Oise) : Du IIIe au IIe s. av. J.-C, Maison des Sciences de l’Homme, coll. « Documents d’archéologie française Archéologie préventive », 1997 (ISBN 978-2-7351-0620-2).
- Guerre et religion en Gaule : essai d’anthropologie celtique, Paris, Errance, 2003, 179 p. (ISBN 2-87772-259-7, présentation en ligne [archive]).
- Les Gaulois, Belles Lettres, coll. « Guide Belles Lettres des civilisations », 2005 (ISBN 978-2-251-41028-9, présentation en ligne [archive]).
- Les druides : Des philosophes chez les barbares, Paris, Seuil, 2006 (ISBN 978-2-02-079653-8, présentation en ligne [archive]).
- Nos ancêtres les Gaulois, Paris, Éditions du Seuil, coll. « L’univers historique », 2008, 299 p. (ISBN 978-2-02-094321-5, présentation en ligne [archive]).
- Réédition : Nos ancêtres les Gaulois, Paris, Éditions Points, coll. « Points. Histoire », 2015, 327 p., poche (ISBN 978-2-7578-5373-3).
- Les Gaulois expliqués à ma fille, Seuil, 2010 (ISBN 978-2-02-099660-0, présentation en ligne [archive]).
- Voyage en Gaule, Seuil, 2011 (ISBN 978-2-02-094312-3).
- Les Gaulois : Les fiers ennemis de Rome, Gremese, coll. « Histoire et légendes », 2011 (ISBN 978-88-7301-740-0).
- Alésia : 27 septembre 52 av. J.-C., Gallimard, coll. « Les journées qui ont fait la France », 2012 (ISBN 978-2-07-012357-5).
- Les Celtes : Histoire d’un mythe, Paris, Belin, coll. « Histoire », 2014 (ISBN 978-2-7011-7719-9).
- La Gaule : une redécouverte (Documentation photographique n°8105), CNRS éditions, mai-juin 2015 (EAN 3303331281054).
- L’Enquête gauloise : De Massilia à Jules César (ill. Nicoby) (Bande dessinée), La Revue dessinée/La Découverte, coll. « Histoire dessinée de la France » (no 2), 2017.
- Vercingétorix, Gallimard, coll. « Biographies NRF », 2018 (ISBN 978-2-07-017892-6).
- Les Gaulois, Perrin, coll. « Vérités et légendes », 2018 (ISBN 978-2-262-07231-5).
- À la recherche d’Alésia : Des légendes grecques au lieu de mémoire, Dunod, coll. « Ekho », 2022 (ISBN 978-2-10-083413-6).
- La cité des druides : Bâtisseurs de l’ancienne Gaule, Gallimard, coll. « L’esprit de la cité », 2024 (ISBN 978-2-07-014103-6, lire en ligne [archive]).
Chapitres d’ouvrages et articles :
- Alain Testart et Jean-Louis Brunaux, « Esclavage et prix de la fiancée : La société thrace au risque de l’ethnographie comparée », Annales. Histoire, Sciences Sociales, vol. 59, no 3, 2004, p. 615-640.
- Alain Testart et Jean-Louis Brunaux, « Don, banquet et funérailles chez les Thraces », L’Homme. Revue française d’anthropologie, no 170, 2004, p. 181–197 (ISSN 0439-4216).
- « Poseidonios, la Gaule et son économie », Revue du Nord, vol. n° 403, no 5, 10 juin 2014, p. 15–23 (ISSN 0035-2624).
- « Quand les Gaulois sont-ils devenus nos ancêtres ? », dans Yves Charles Zarka (éd.), La France en récits, Presses universitaires de France, 17 juin 2020 (ISBN 978-2-13-082444-2), p. 358–369.
- chap. I « Alésia : Une défaite improbable », dans Jean-Christian Petitfils (éd.), Les énigmes de l’histoire de France, Perrin, 2021 (ISBN 978-2-262-10105-3), p. 17–36.
Catherine Balmelle (07/08/1946 – 18/09/2022)

Directrice de recherche au CNRS (depuis 1990), Catherine Balmelle dirigea l’équipe « Mosaïque » de l’UMR et fut co-responsable du séminaire « Mosaïque et peinture antiques en Occident et en Orient ».
Recrutée par Henri Stern au sein de l’équipe du CNRS intitulée « Recueil général des mosaïques et des peintures de la Gaule », elle a rejoint cette formation de spécialistes du décor en 1976 avec lesquels elle participa au programme collectif sur le Décor géométrique de la mosaïque romaine et son vocabulaire descriptif. Elle a consacré ses travaux notamment à l’étude des mosaïques d’Aquitaine qui a fait l’objet de plusieurs articles et fascicules du Recueil général des mosaïques de la Gaule, d’une belle synthèse centrée sur les demeures des élites du Sud-Ouest et plus récemment de l’ouvrage de référence dans le domaine, Les mosaïques dans les Gaules romaines, qu’elle publia en 2017 avec Jean-Pierre Darmon, son compagnon de recherche et complice de toujours.
Archéologue, experte du décor dans les provinces occidentales de l’Empire romain, Catherine Balmelle s’est investie dans plusieurs programmes de coopérations internationaux, en particulier en Tunisie et au Maroc, qui ont donné lieux à de nombreuses publications, notamment en 2012, le bel ouvrage collectif Carthage, colline de l’Odéon : maison de la rotonde et du cryptoportique (recherches 1987-2000).
Personnalité de premier rang dans l’étude de la mosaïque tant au niveau national qu’international, elle a présidé l’Association francophone pour l’étude de la mosaïque antique et l’Association internationale pour l’étude de la mosaïque antique.
Un volume d’hommages, réunissant des contributions de chercheurs internationaux, est en préparation au sein du laboratoire (parution prévue en février 2025).
Lire aussi :
- L’hommage de Jean-Pierre Darmon sur le site de l’AIEMA
Paul Bernard (13/06/1929 – 01/12/2015)

Paul Bernard avait participé à la création de ce qui est devenu l’UMR 8546-AOROC et en fut l’un de ses plus illustres représentants.
Il y avait développé, avec ses collègues et élèves, la très riche activité de recherche en Asie centrale, projetant le laboratoire vers des civilisations dont l’archéologie classique avait tendance à sous-estimer l’importance. Il a fait bénéficier ses élèves de sa culture encyclopédique, tant en France que dans tous les pays où il travaillait. Les travaux de ce maître mondialement reconnu des études helléniques et centrasiatiques demeurent incontournables. Ses archives sont en partie conservées à la bibliothèque d’archéologie (AOROC).
Né à Sainte-Maxime (Var), Paul Bernard était entré à l’École Normale Supérieure en 1951. De 1958 à 1961 il fut membre de l’École Française d’Athènes. Ses maîtres dans les études grecques furent Louis Robert, Pierre Devambez et Pierre Demargne, lequel contribua plus que tout autre à l’orienter vers les réalisations orientales de l’hellénisme. Après un séjour à l’Institut d’Archéologie de Beyrouth il rejoignit la Délégation Archéologique Française en Afghanistan (DAFA), alors dirigée par Daniel Schlumberger qui fouillait le grand temple dynastique kouchan de Surkh Kotal. Schlumberger venait d’être informé de la découverte que la DAFA avait attendue depuis sa création en 1922 : une ville grecque, qu’on ne connaissait alors que sous son nom actuel d’Aï Khanoum – on comprit à la fin des fouilles qu’elle était l’Eucratidia mentionnée par Strabon et Ptolémée, mais trop tard pour que le nom authentique pût remplacer l’autre dans les publications.
Les quinze campagnes de fouilles à Aï Khanoum (1964-1978) furent pour Paul d’extraordinaires années d’épanouissement scientifique. Non seulement la Bactriane grecque ressuscitait grâce à ses efforts et à ceux de son équipe, mais aussi lui-même s’ouvrait, plus que n’avait fait aucun de ses prédécesseurs en Afghanistan, à l’immense champ de l’archéologie centrasiatiques de toutes les époques, alors domaine presque exclusif de l’école soviétique. Il eut à cœur d’apprendre le russe, méthodiquement et à fond, en grammairien qu’il était, et d’établir avec les collègues soviétiques des relations de confiance et d’estime qui plus tard devaient bien servir lorsqu’il fallut retrouver un nouveau terrain.
Ces années furent aussi celles où il constitua le premier noyau de ses élèves, pour lequel il puisa, mais non exclusivement, dans le vivier normalien ; un noyau que seuls les disparitions ont depuis entamé. Une plaquette réalisée à l’École, sous la conduite de Guy Lecuyot (Il y a 50 ans… la découverte d’Aï Khanoum), lui avait été offerte en 2014 lors d’une bien émouvante cérémonie à la bibliothèque ; elle contient l’essentiel de ce qu’il fait savoir sur cette entreprise archéologique qui bouleversa à jamais le visage de l’aventure grecque la plus lointaine, et, au-delà, toute l’histoire de Asie centrale. Ces années heureuses furent suivies d’une période difficile après l’arrêt de la fouille du fait de la guerre. On peut bien le dire aujourd’hui, nos autorités de tutelle ne se démenèrent pas pour permettre à Paul et à son équipe de rebondir, ou même simplement de continuer à travailler. À une exception près : l’ENS, et en particulier le laboratoire d’archéologie, matrice de notre AOROC que mettait alors sur pied son fidèle ami Christian Peyre. Comme Paul devait le déclarer lors de la remise de la plaquette : « Sans l’École, je ne sais pas ce que nous serions devenus ».
Désormais titulaire d’une chaire d’« Hellénisme oriental » à l’École Pratique des Hautes Études, il parvint à attirer un nouveau cercle de disciples tout en élargissant le champ de son enseignement et de ses publications à d’autres branches de l’hellénisme oriental : anatolienne, arménienne, syrienne, mésopotamienne. À partir de 1989 l’ouverture de la fouille franco-ouzbèke de Samarkand lui permit de renouer avec le terrain. Plus tard, à la chute du régime des Taliban, il partagea les espoirs, aujourd’hui hélas bien compromis, d’un retour à la paix en Afghanistan ; à l’Académie des Inscriptions et Belles-lettres, joingnant ses efforts à ceux de Jean-François Jarrige, il organisa la reconstitution de la DAFA, et bientôt il put participer aux nouvelles fouilles de Bactres. Ce retour ne put tempérer sa tristesse d’avoir revu une fois le site d’Aï Khanoum, complètement ravagé par les pillages et n’offrant plus aucune perspective pour une reprise des fouilles.
Jusqu’au bout il était resté actif et vigilant. Il eut à cœur de passer la main à de plus jeunes pour la publication des chantiers encore inédits d’Aï Khanoum. Sa dernière intervention scientifique fut au colloque de l’Académie à la Villa Kérylos (La Grèce dans les profondeurs de l’Asie, 2015), qui fut aussi le théâtre d’un éblouissant dialogue avec Philippe Hoffmann sur le papyrus philosophique trouvé en 1977 au palais d’Aï Khanoum – communications publiées dans les actes du colloque, qui lui sont dédiés.
Voir aussi :
- « Un helléniste en Asie centrale » : interview de Paul Bernard, par Guy Lecuyot (AOROC)
- Inventaire des Archives de Paul Bernard conservées au laboratoire AOROC
- Conférence de Paul Bernard à l’ENS (2011)
- P. Bernard, Opera selecta. Vol. I. Autour d’Aï Khanoum ; vol. II. La Bactriane et l’Orient hellénisé, 2022 (Mémoires de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres 60)
- L. Martinez-Sève, M. Sève, « In memoriam Paul Bernard (1929-2015) », Revue archéologique, 2016, p. 409-422 [incluant une bibliographie]