S1, 6 ECTS
D’Alciphron nous ne savons rien. On le situe au IIe/IIIe siècle après J.-C. et on lui attribue un corpus de 123 lettres, parfois incomplètes, organisées en quatre livres thématiques : lettres de pêcheurs, de paysans, de parasites et de courtisanes. Ces lettres fictives recréent l’univers de l’Athènes classique du IVe siècle avant J.-C. Elles font entendre de manière unique les marginaux de la société antique, ceux dont on entend rarement les voix : les travailleurs, les mendiants, les femmes. En autant d’instantanés, de moments pris sur le vif, elles mettent en scène leur quotidien, leurs désirs et leurs frustrations. Mais les Lettres d’Alciphron sont aussi un jeu littéraire raffiné s’adressant à un public de connaisseurs. Les références à la littérature classique y abondent (Homère, Sappho, la Nouvelle Comédie et tout particulièrement Ménandre, qui est un personnage des lettres), tout comme les échos avec la littérature contemporaine (Lucien, Longus, Élien). S’il existe une traduction française récente, l’édition du texte grec date de 1905 et il n’existe aucun commentaire de l’œuvre. Durant le séminaire, nous traduirons un choix de lettres tirées de chacun des quatre livres de la collection et nous appuierons sur la bibliographie la plus récente pour analyser et commenter ces lettres, en replaçant l’œuvre d’Alciphron dans le cadre plus général de la fiction épistolaire antique.
8 séances durant le semestre : 22/09, 29/09, 13/10, 20/10, 03/11, 17/11, 01/12, 15/12
Validation : participation au cours et bref essai (ou exposé oral)
Contact : emeline.marquis@ens.fr