PCR ALERIA (VIe s. av. J.-C.-Ve s. ap. J.-C.). Anciens contextes et nouvelles recherches (2025-2027), dir. Federica Sacchetti (CCJ, Aix-en-Provence)
Fait suite au PCR : ALERIA et ses territoires (2018-2021), dir. Vincent Jolivet (AOROC).
Aléria : études anciennes et nouvelles perspectives
La nécropole d’Aléria est connue grâce aux fouilles réalisées entre les années 1960 et 1982 par Jean et Laurence Jehasse (Jehasse et Jehasse 1973 ; 2001). Elle se situe au lieu-dit Casabianda, à 1 500 m de la colline du Fort d’Aléria, où se développe la cité romaine, et s’étend sur un espace de 7 000 m2 environ organisé en deux secteurs, la butte nord et la colline sud. L’utilisation de cette nécropole est à ce jour documentée entre la fin du VIe ou le début du Ve siècle av. J.-C. et le Ve siècle ap. J.-C. Pour ses collections et pour la monumentalité de ses tombes, du type à chambre hypogée avec dromos d’accès, elle a été classée Monument Historique dès 1972. Pour sa phase préromaine (fin VIe-IIIe siècles av. J.-C.), il s’agit de la seule nécropole de faciès étrusque répertoriée en France. Elle témoigne du seul site d’occupation étrusque stable et sur plusieurs générations actuellement documenté en dehors de la péninsule italique. Les 178 sépultures fouillées (dont une trentaine à déposition multiple) sont documentées par les deux ouvrages monographiques de J. et L. Jehasse, publiés à près de 30 ans de distance.
L’étude de la nécropole d’Aleria-Casabianda a été reprise depuis 2018 dans le cadre du PCR Aléria et ses territoires (2018-2021 – dir. V. Jolivet). L’objectif principal de cette nouvelle recherche était la remise en contexte des dépôts funéraires mis au jour lors des anciennes fouilles. Les publications antérieures avaient privilégié les études du riche répertoire de céramiques attiques et étrusques décorées, délaissant complètement les autres catégories, comme les objets métalliques et la céramique commune. L’analyse spatiale de la nécropole dans le territoire, l’étude de l’évolution diachronique de l’occupation funéraire dans cet espace, l’examen des architectures funéraires, l’interprétation des contextes des dépôts funéraires et, par conséquent, des rituels, étaient quant à eux à peine effleurés.
L’étude de la documentation de fouille a montré que les 178 tombes publiées n’avaient pas toutes été mises au jour au lieu-dit Casabianda, mais que l’espace funéraire s’étendait bien au-delà de la ville romaine, vers le sud et vers l’est.
L’objectif du nouveau PCR vise à poursuivre et approfondir les recherches déjà engagées sur la nécropole et l’habitat.
Le mobilier métallique
On peut estimer à plusieurs centaines d’individus les objets en alliages cuivreux, en fer et en matériaux mixtes. Ce mobilier se compose de trois grandes catégories fonctionnelles : la vaisselle, la parure et les armes. L’objectif est de proposer une analyse renouvelée de cette importante documentation restée en grande partie inédite. La récente restauration des cnémides ornées a montré le potentiel informatif de ces mobiliers. Cette remise à plat de la documentation sur des bases typologiques, techniques et stylistiques renouvelées, doit permettre : 1) de nous interroger sur la chronologie et l’utilisation des objets eux-mêmes, 2) d’insérer ces données dans la discussion relative à la définition chronologique et culturelle de la population d’Aléria et son insertion dans un cadre plus large, tout à la fois européen et méditerranéen. Trois pistes sont envisagées : 1) les objets eux-mêmes, avec leurs caractéristiques techno-morphologiques et décoratives, fonctionnelles et chronologiques, 2) leur signification comme symboles d’autoreprésentation dans la mesure où leur choix ne doit rien au hasard, mais suit des règles qu’il importe de clarifier et formaliser, 3) ce qu’ils révèlent de l’identité des individus inhumés, avec leurs différentes composantes, étrusques, insulaires et autres.
Équipe :
- Anne-Marie Adam (Pr. Emérite, Université de Strasbourg – UMR 7044, ARCHIMEDE,
Strasbourg) : vaisselle et instrumentum - Linda Papi (ENS – UMR 8546, AOROC, Paris) : vaisselle et instrumentum
- Jean-Baptiste Houal (CNRS – UMR 8546, AOROC, Paris) : photogrammétrie
- Thierry Lejars (CNRS – UMR 8546, AOROC, Paris) : armement
Financement :
Ministère de la Culture, Collectivité de Corse, Aoroc